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Le 09/01/2015 par POMMIER Raphaël

Leçon de terroir n°1

Le sol

Les vignerons français parlent toujours de leur terroir.

On dirait qu’ils n’ont que ce mot à la bouche, cela en deviendrait presque ennuyeux. On dirait même qu’ils ont inventé ce mot rien que pour embêter tous ceux qui ne sont pas vigneron ou français…

Il est vrai que ce mot, intraduisible dans aucun autre langage, est très important pour la culture française. Il définit en effet toute notre origine et tout ce que l’on est en droit d’en attendre. Bref, c’est une notion complexe ou compliquée, on pourrait presque dire : comme d’habitude avec les français…

Alors pour éclaircir ce mystère j’ai décidé de vous parler du terroir des Côtes du Rhône. D’où cela vient-il ? Que peux t’on attendre d’un vin des Côtes du Rhône ?

Et bien il faut d’abord savoir que le mot « Terroir » vient de la racine latine « Tera » qui signifie sol, terre, pays.

Je ne sais pas si vous avez déjà passé du temps à regarder les sols autour de chez vous mais il est très difficile d’observer des différences en les regardant par en dessus. En fait, il faut creuser un peu la surface pour se rendre compte combien les sols varient à quelques pas de distance parfois.

Du point de vue de la vigne, le sol est l’équivalent d’un frigo. Elle doit y trouver tous les aliments qui lui sont nécessaire pour vivre et pour se reproduire, ou en tout cas, on l’espère.

En utilisant ces aliments la vigne peut produire du raisin, mais aussi et surtout, leur donner un goût spécifique que l’on va pouvoir retrouver ensuite dans le goût du vin.

Vous ne me croyez pas ? Pensez à l’allaitement… Tout ce que mange une maman se retrouve ensuite dans son lait. Demandez aux bébés : ils goûtent tous des laits aux saveurs différentes en fonction de l’alimentation des mamans.

Et bien c’est pareil avec le sol.
Notre Mère Nature donne aux vignes des sols avec des nutriments différents et cela donne des vins avec des goûts différents.

Oh ! Bien sûr, on trouve aussi de très bons goûts de fruits dans les vins. Et c’est normal après tout, c’est fait à partir de raisins. Mais il y aura toujours cette incroyable nuance gustative qui viendra se rajouter au fruit, nuance apportée par le sol et qui donnera toute sa spécificité au vin de chaque terroir.

La vallée du Rhône sud est remplie de sols différents. Il y a tellement de paysages, tellement de différences. On peut trouver des sols calcaires riches en argile rouge, plein de ces oxydes de fer colorés si chers à Van Gogh ou à Cézanne. Ces sols sont le support des herbes provençales, des plantes aromatiques à huiles essentielles… Ils apportent aux vins des notes de menthol, d’eucalyptus, en plus du goût fruité. On trouve parfois des parfums de sauge, de thym, de garrigue dans les vins produits sur ces sols.

Il y a aussi en vallée du Rhône sud d’autres sous-sols calcaires qui forment des sols plein d’argiles de différentes couleurs (verte, bleu, gris, blanc…). Autant de nuances qui vont se traduire dans les vins par des goût de racines de gentiane, de réglisse, d’anis…
Et que dire de ces sols remplis de galets ou d’éclats calcaire en surface ? Ces pierres sont parfois si nombreuses que l’on ne voit plus la terre au travers.
Et bien ces champs de pierre sont comme des tables de cuisson. En captant la chaleur du soleil le jour pour la renvoyer la nuit sur les grappes par rayonnement, les pierres cuisent les peaux des raisins. Elles torréfient les tannins et donnent aux vins des notes de café, d’épices et de poivres…

Ainsi, comme vous avez pu le constater maintenant, le sol est un composant majeur de l’idée du terroir. Mais un terroir ne peut se résumer au sol. La climatologie et le type de cépage sont autant d’autre paramètres que l’on ne peut négliger, sans compter le travail du vigneron...
On va donc continuer à en reparler bientôt…

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